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Partie 3/4: Le banquier de la presse sur Médialogues (RTS)

Écrit par admin. Publié dans Medias, Métiers de la communication, Travaux étudiants

Jean-Clément Texier est le président de Ringier France, administrateur du quotidien Le Temps, spécialiste reconnu de l’économie des médias. A ce titre, il a été décoré récemment par la Ministre française de l’éducation nationale. Il est aussi professeur à l’Académie du journalisme à l’Université de Neuchâtel, mais aussi à Marseille et à Paris. Hier journaliste, aujourd’hui homme d’affaires à la tête de la compagnie financière de la communication Ringier (J.C.T) fait figure d’expert incontournable pour les étudiants du Master de Communication et Journalisme. Raison pour laquelle, nous vous proposons de revenir sur une interview qu’il a accordée le samedi 2 mai dernier, dans les studios de la RTS, au micro de Thierry Fischer pour l’émission Médialogues.

http://polemiquevictor.blogspot.ch/2014/02/largent-des-medias-par-jean-clement.html

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Médialogues: Parmi tous ces métiers qui se métamorphosent, les éditeurs voient actuellement leur croissance s’affirmer et se confirmer par l’achat d’applications numériques telles que les ventes en ligne de petites annonces de rencontres amoureuses, de voitures d’occasion, etc. comme c’est le cas pour les deux grands éditeurs suisses Tamédia et Ringier. Et à partir de là, peut se poser la question de savoir à partir de quel moment un éditeur n’est plus un éditeur au sens où nous l’avons traditionnellement connu.

J.C.T: Est-ce qu’un éditeur est véritablement obligatoirement un producteur de contenus journalistiques? Je crois qu’on idéalise un peu le passé! En Suisse, ceux que vous magnifiez comme éditeurs étaient d’abord des imprimeurs et ils étaient aussi des distributeurs. Et, si on considérait la part du chiffre d’affaires pour représenter par l’activité journalistique, elle n’y était pas majoritaire! Mais nous autres, journalistes, nous avons toujours été dans des entreprises qui ont trouvé leurs ressources sur divers fronts. Donc, on ne fait que continuer l’évolution. Simplement, la différence est qu’il y une tendance, pour certains, à ne plus être imprimeurs. Pour ma part, je loue Ringier de le demeurer et de consolider ce rôle. Mais, il est bien vrai qu’on a vu certains éditeurs de ce pays se reconcentrer sur d’autres métiers. Lorsqu’ on n’est plus imprimeurs ou distributeurs, on fait surgir de nouvelles activités et c’est effectivement le cas des sites de vente de nourriture pour animaux. Prenons l’exemple de Ringier: nous avons contrôlé pendant des années de Betty Bossi, mais Betty Bossi a toujours eu des activités marginales parallèlement aux contenus qui donnaient de bonnes recettes.

Médialogues: Jean-Clément Texier, en préparation de cette émission, vous me disiez que les Suisses devraient se rendre compte que d’avoir deux éditeurs aussi forts que Ringier et Tamédia, c’ est une chance dans le paysage médiatique européen.

Partie 2/4: Le banquier de la presse sur Médialogues (RTS)

Écrit par admin. Publié dans Aucune catégorie, Medias, Medias sociaux, Métiers de la communication, Travaux étudiants

Jean-Clément Texier est le président de Ringier France, administrateur du quotidien Le Temps, spécialiste reconnu de l’économie des médias. A ce titre, il a été décoré récemment par la Ministre française de l’éducation nationale. Il est aussi professeur à l’Académie du journalisme à l’Université de Neuchâtel, mais aussi à Marseille et à Paris. Hier journaliste, aujourd’hui homme d’affaires (J.C.T) fait figure d’expert incontournable pour les étudiants du Master de Communication et Journalisme. Raison pour laquelle, nous vous proposons de revenir sur une interview qu’il a accordée le samedi 2 mai dernier, dans les studios de la RTS, au micro de Thierry Fischer pour l’émission Médialogues.

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Médialogues: Culturellement, le journalisme professionnel va être confronté à un mode de publication différent pour ses articles. C’est la formule du « web first »: on va servir le numérique en premier lieu. Et ce qui change pour le consommateur c’est qu’il va quasiment saisir en temps réel ce qu’écrit le journaliste. C’est nouveau pour le journaliste de l’écrit!

J.C.T: Aujourd’hui on est online, et c’est vrai que dans nos métiers, on avait des calendriers: on était un quotidien, on était un hebdomadaire, etc. et c’est vrai qu’on était parfois dans le temps long. Les news magazines faisaient leur cover story en 48 heures. Puis, ils ont été confrontés au fait qu’ils ne pouvaient pas être absents du web. Donc, avec des moyens soudain trop faibles, ils ont eu affaire à une production qui n’était même pas quotidienne mais qui était presque minute par minute, instantanée. A partir de là, ils ont fait quasiment de la radio ou de la télévision d’information, en temps réel. Ce changement de temporalité pose des particulièrement problème dans l’hexagone français – d’où je viens – on l’on travaille, au mieux, un jour sur deux. Pour être constamment présents, même de nuit, on est parfois obligés de déléguer à des équipes sur les côtes Ouest ou Est américaines pour assurer cette présence. Donc, il y a une révolution temporelle.

 

Médialogues: Jean-Clément Texier, vous êtes très convaincu de ce que vous dites. Néanmoins, le pari du numérique n’est pas aussi certain que vous voulez le faire croire.

Partie 1/4: Le banquier de la presse sur Médialogues (RTS)

Écrit par admin. Publié dans Travaux étudiants

Jean-Clément Texier est le président de Ringier France, administrateur du quotidien Le Temps, spécialiste reconnu de l’économie des médias. A ce titre, il a été décoré récemment par la Ministre française de l’éducation nationale. Il est aussi professeur à l’Académie du journalisme à l’Université de Neuchâtel, mais aussi à Marseille et à Paris. Hier journaliste, aujourd’hui homme d’affaires à la tête de la compagnie financière de la communication (J.C.T) fait figure d’expert incontournable pour les étudiants du Master de Communication et Journalisme. Raison pour laquelle, nous vous proposons de revenir sur une interview qu’il a accordée le samedi 2 mai dernier, dans les studios de la RTS, au micro de Thierry Fischer pour l’émission Médialogues.

 

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http://polemiquevictor.blogspot.ch/2014/02/largent-des-medias-par-jean-clement.html

Retranscription, recoupage, mise en page, recherche d’informations et liens complémentaires pour Medi@lab news: Sophia Boubrahimi

Page de l’émission: http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/medialogues/

 

Médialogues: Ringier inaugurait le weekend dernier son tout nouvel outil rédactionnel: la fameuse « newsroom« . Il s’agit de la première newsroom de Suisse romande. L’Hebdo, le Temps et la diffusion numérique sont donc réunis dans un seul et même endroit, à Lausanne. Un sacré pari. Est-ce ça l’avenir?

J.C.T: Ce qui est formidable avec Ringier – que j’ai l’honneur de servir depuis plus d’un quart de siècle – c’est que cet imprimeur à l’origine, a toujours été à la pointe de l’innovation. Naguère, nous étions à la pointe de l’héliographie, ce qui nous a permis de conquérir aussi bien l’Asie que l’Amérique. Aujourd’hui, grâce à notre président opérationnel, Marc Walder, nous avons été, à la pointe du concept « newsroom » en Europe. Cela a commencé dès 2010 à Zurich, avec la marque Blick qui existe sur des tableaux différents: c’est d’abord un quotidien de boulevard bien connu, mais il y a aussi un gratuit du soir et son supplément dominical, ainsi que tous les canaux numériques. Et bien, tout cela, nous avons décidé de les mettre dans un vaste et même bocal. Et il y a eu cette formidable newsroom qui montre, quelques années après, que contrairement à ce qu’on pense, ce n’est pas pour réduire des effectifs que l’opération a été conduite, mais pour bénéficier d’une force de frappe apte à riposter. Nous avons repris Le Temps à 100 % l’année dernière et notre président, Mark Walder, nous a mis au défi d’importer en Suisse romande, une newsroom encore plus performante et encore plus innovatrice: sur le même plateau, vont cette fois travailler cette fois, un quotidien, un hebdo et un magazine mensuel (Edelweiss). Et, naturellement, toutes les voix de cheminement de l’information vont se faire sur le plan numérique. C’est comme toujours une expérimentation et un défi, mais en tant qu’administrateur du Temps, ce dont je me flatte c’est de voir l’enthousiasme avec lequel nos collaborateurs sont prêts à affronter ce défi.

Médialogues: Tout de même, ça ne s’est tout de même pas fait sans douleur; il y a eu une reconfiguration des effectifs, c’est-à-dire quelques licenciements, c’est un virage industriel très important avec un pari sur le numérique.

L’OBJECTIVITÉ JOURNALISTIQUE: UNE SEMPITERNELLE QUÊTE DU GRAAL?

Écrit par admin. Publié dans Aucune catégorie, Travaux étudiants

Qui ne s’est jamais targué de raconter un événement dans sa parfaite exactitude? Ce sentiment de donner « la vraie version », et donc d’atteindre l’objectivité, nous semble relativement familier. Et pourtant, ne serait-il en fait qu’un mirage, étant donné que tout est forcément perçu par l’œil humain, par définition subjectif? Cette problématique autour de l’objectivité est tout particulièrement sensible lorsqu’elle concerne le champ journalistique. Pour mieux comprendre ce concept presque philosophique, la chronique d’Eliane Ballif nous éclaire.

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La Première (Radio), RTS Médialogues: Thierry Fischer

Emission du samedi 29 novembre 2014

Chronique de Eliane Ballif: « Impossible objectivité »

Retranscription, recoupage, mise en page, recherche d’informations et liens complémentaires pour Médi@lab news: Sophia Boubrahimi


 

L’objectivité journalistique est un sujet récurrent! Quasiment pas un jour ne se passe sans que des prises de position – toujours critiques et parfois hargneuses – viennent alimenter le débat autour de la ringarde, l’hypocrite, l’impossible objectivité des journalistes. Ces attaques se retrouvent aussi par dizaines voire par centaines sur Internet et sont le fait de politiciens, de professeurs, de philosophes, de bloggeurs, voir même de journalistes.

Mais comment définir l’objectivité? Selon le dictionnaire Larousse, l’objectivité est un terme récent, apparu vers 1900. Il signifie « l’absence de parti pris, l’impartialité, sans intervention d’éléments affectifs et personnels, qui décrit la réalité avec exactitude« . Le Petit Robert, quant à lui, définit l’objectivité comme « qualité de ce qui existe indépendamment de l’esprit, qualité de ce qui donne une représentation fidèle de l’objet et qualité de ce qui est exempt de partialité ou de préjugé ».

Compte-tenu de ces définitions, les journalistes sont-ils légitimés à se prévaloir d’une démarche objective, impartiale et sans affect? Illusion, utopie, hypocrisie! répliquent ceux qui, parfois, donne l’impression de vouloir contester toutes formes et toute crédibilité aux démarches journalistiques.

Il faut bien reconnaître qu’il y a matière à douter de la possibilité d’atteindre l’objectivité, longtemps présentée comme le graal journalistique; le label de fiabilité par excellence. D’abord, parce que dans la masse des nouvelles qui lui parviennent, le journaliste est bien obligé de choisir, de hiérarchiser ce qu’il va montrer ou ce sur quoi il va écrire. Et, le journaliste ne va pas faire sa sélection d’informations ex nihilo mais bel et bien à partir de ce qui le caractérise; par exemple, son origine socio-culturelle, sa formation ou la ligne éditoriale de son média. Le journaliste choisit, donc il élimine et, parfois, il biaise (avec une contrainte, voir une tentation plus forte en télévision).

A cet égard, Eliane Ballif se souvient d’un voyage de presse en Grèce, au début des années 1980, en compagnie de journalistes de nombreux pays, dont des journalistes est-allemand. « Nous attendions une interview avec le Premier Ministre grec à Athènes. Soudain, une cinquantaine – pas plus – de militants communistes avaient surgi avec quelques pancartes. Aussitôt, pour leur journal-tv du soir, les journalistes est-allemands avaient cadré la scène de façon à donner l’illusion d’une foule de plusieurs centaines de personnes. Un grand classique, même s’il paraît un peu caricatural ».

En presse écrite, les esprits critiques reprochent aux articles – soit disant factuels et objectifs – une subjectivité masquée, par exemple, dans le choix des articles traités ou passés sous silence, l’ordre à adopter dans la succession des informations, le choix des sources, etc. Autant de procédés rédactionnels susceptibles d’inférer sur l’interprétation du lecteur. Bref, tout article, aux yeux de ces critiques, proposeraient de fait une orientation partisane, consciente ou inconsciente. Alors, l’objectivité est-elle impossible à atteindre?

Plusieurs voix vont dans ce sens, par exemple, celle du professeur canadien d’éthique journalistique Marc-François Bernier. Il rappelle que « les journalistes d’information se sont donnés, à l’image de la recherche scientifique, des règles de conduite depuis près de 150 ans, à savoir: rigueur intellectuelle, impartialité et vérification de l’information recueillie ». Le professeur n’en admet pas moins que « le journaliste ne peut pas être complètement objectif ». Par exemple, lors d’une manifestation qui a duré toute une journée, le journaliste ne peut énoncer que des fragments de la réalité. La sélection de ces fragments implique déjà un parti pris du journaliste.

Les linguistes se sont aussi penchés sur cette question de l’impossible objectivité. Le linguiste français Patrick Charaudeau, par exemple, affirme qu' »il n’est pas possible de saisir la réalité empirique sans passer par le filtre d’un point de vue particulier. […] Nous avons donc affaire à du réel construit par quelqu’un qui s’en empare sinon à la réalité elle-même, la réalité objective« .

L’Institut Descartes de formation continue: « L’autorité de la chose lue ou entendue dans les médias repose en partie sur l’objectivité prêtée à ce qui se présente à nous comme une « information« . Or, l’apparition récente des médias alternatifs et participatifs, par exemple, les réseaux sociaux sur Internet, rappellent aux contributeurs comme aux utilisateurs que l’information n’est pas une matière première extraite de la réalité comme la pierre ou le diamant de la roche. Tout ce qui déferle sur le Net et ailleurs n’est pas information. Aucun fait n’est a priori information. Informer c’est donner une forme aux faits. C’est-à-dire, le vérifier, l’interpréter, le contextualiser: autrement dit le doter d’une part de subjectivité. »

Terminons ce pilonnage de la notion de subjectivité avec l’avis du journaliste et écrivain Pierre Assouline: « Pour moi l’objectivité n’existe pas. La description de tout événement passe forcément par le filtre des sensibilités personnelles et subjectives. Pour autant – et c’est là un paradoxe – il faut tendre vers cet objectivité qui n’existe pas. »

Mais à partir du constat que l’objectivité n’existe pas, comment fait-on pour garantir la fiabilité d’une véritable démarche journalistique? « Il faut bazarder l’objectivité et lui préférer l’honnêteté et surtout la transparence, vertus cardinales du journaliste du XXI siècle » déclare Mark Lee Hunter. Il poursuit: « Transparence sur l’endroit depuis lequel on s’exprime, transparence sur les techniques d’investigation que l’on utilise, transparence sur le sujet que l’on traite et sur la manière dont il nous affecte« . Cela semble relativement convainquant, d’autant plus que les nouvelles technologies peuvent faciliter cette plus grande transparence autour des modes et des conditions de production de l’information. C’est ainsi que le site Médiapart – à l’instar de certains autres journaux – publie régulièrement avec ces articles importants, une sorte de boîte noire permettant à l’auteur de contextualiser l’investigation qu’il a menée et au lecteur de tout connaître de la boîte à outils du journaliste-enquêteur (la protection des sources étant bien entendu respectée).

En terme de pacte avec le public, cette éthique de la transparence revient à renoncer au prétentieux « Faites-nous confiance, nous avons les moyens de traiter la réalité en tout objectivité!« , pour présenter au public, en tout honnêteté et avec plus d’objectivité, toutes les pièces du dossier. « Faites-nous confiance, voici nos outils, voici le cadre éthique accompagnant notre travail. Nous allons essayer de vous rendre compte honnêtement de la réalité« , tels pourraient être les nouveaux termes de ce nouveau pacte pour établir d’une meilleure confiance entre les journalistes et le public et en finir avec  la mythique et insaisissable objectivité.

 

Page de l’émission: http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/medialogues/6304784-medialogues-du-29-11-2014.html#6304781

 

Références complémentaire pour approfondissement du sujet:

Sites Internet:

Site de Médiapart: http://www.mediapart.fr/

Site de Patrick Charaudeau: http://www.patrick-charaudeau.com/

Blog de Pierre Assouline sur le site du Monde.fr: http://passouline.blog.lemonde.fr/

Site de l’Institut Descartes de la formation continue: http://www.institutdescartes.com/institut/

Blog: La Chacaille, Le petit labo des médias: « Honnêtement, l’objectivité n’existe pas. (Que faire?) », par Guillaume Henchoz: https://chacaille.wordpress.com/2010/09/23/honnetement-lobjectivite-nexiste-pas-que-faire-24/

 

Bibliographie:

BERNIER, Marc-François, Ethique et déontologie du journalisme, Québec, Presses de l’Université Laval, 2000, pp. 227-229.

Document PDF disponible en ligne: HUNTER, Mark Lee, VAN WASSENHOVE, Luk, « Faculty & Research, Working Paper, Disruptive News Technologies: Stakeholder Media and the Future of Watchdog Journalism Business Models »: http://markleehunter.free.fr/documents/IJ_business.pdf