Fire Paradox

Écrit par admin. Publié dans Projets de Recherche, Recherches

Badillo 2Interview du Professeur Patrick-Yves Badillo

Comment le Projet « Fire Paradox » a-t-il vu le jour?
Le projet « Fire Paradox » était et reste un important projet européen dans le domaine de l’écologie qui fonctionne après une offre faite par un consortium.

Quelles institutions étaient responsables de l’élaboration et de la mise en place de ce projet ?
Parmi les plus importants partenaires, il y avait l’Etat portugais.

Quel a été le principal objectif de ce projet ?
Le paradoxe du feu consiste en la gestion des incendies par l’établissement de feux préventifs. « Le feu est un mauvais maître, mais un bon serviteur. »

Quelles actions ont-été mises et menées par l’équipe?
Deux actions ont été menées par l’équipe : une plateforme multimédia online (http://www.fireparadox.org/communication_plan_for_public_awareness_on_integrated_fire_management.php) et des documents de définition d’un plan de communication dans ce domaine.

Avez-vous utilisé les médias digitaux pour véhiculer votre message ?
Oui, nous avons utilisé des médias digitaux comme par exemple une plateforme multimédia en ligne, des réseaux sociaux, le web volontariat et des newsletters.

Comment adapter le message du « Fire Paradox » au web 2.0 ?
Tout d’abord, il faudrait mentionner que le projet « Fire Paradox » était depuis le début dans une logique du web 2.0. Notre difficulté se trouvait dans la transmission du message : créer un message simple pour un sujet aussi complexe.

Comment avez-vous choisi les mascottes ? Et pourquoi ?
Les propositions ont été faites au sein de l’équipe (qui comprenait 250 personnes) sous forme d’enquêtes : la mascotte qui a été choisie est l’arbre.

Comment convaincre le public de combattre le feu par le feu ?
Notre vision devait être à 360 degrés, parce que tous les acteurs devaient être pris en charge. Il y a donc eu une réflexion en amont, mais les programmes de communication sont différents et parfois les responsabilités sont contradictoires, incompréhensibles et très compliquées.

Les Médias ont-ils un rôle important dans la divulgation du projet ?
Les médias sont extrêmement importants dans l’actualité, mais ils ne s’intéressent pas à des actions de prévention. Nous avons approché des grands médias, mais leur but était de montrer « des images brûlantes », et non pas « des images spectaculaires » qui informent ou font de la prévention.

Quel a été le plus grand défi de ce projet ?
Le plus grand défi était le fait de ne pas pouvoir mobiliser les grands médias. Mais il faut aussi rappeler les défis de simulateurs et les défis techniques comme fabriquer des modélisations ou des systèmes de géolocalisation. Le sujet n’était pas unanime car il existait des débats entre experts. Du point de vue de la communication, nous n’avions pas d’éléments quantitatifs précis et les échanges de messages entre les scientifiques et notre département ont été faibles. Mais nous ne pouvions pas communiquer sur le fait que le feu préventif allait détruire la flore et la faune sans avoir de statistiques exactes.

Quel a été le bilan de cette campagne de sensibilisation ?
Absolument passionnant : une magnifique plateforme a été créée en 2007-2008, des publications et deux thèses en sont sorties.

Ce projet aura-t-il une suite ?
C’est un projet sur le feu, il y a eu des masters pour former les pompiers et des méthodes d’apprentissage à distance. Aujourd’hui, le projet continue uniquement sur le plan technique. En ce qui concerne la communication, nous avons fait notre part tout en sachant que nous avons été aidés par la Communauté européenne. Notre grande crainte ? Encourager les pyromanes, mais il ne faut pas trop communiquer là-dessus. A l’avenir, l’objectif est d’avancer dans la recherche, mais pas au niveau de la communication. Il y aura seulement un site web d’information pour un public averti.
Les outputs majeurs de ce projet ont été des supports et des programmes de formations académique et professionnelle, des outils de gestion, des logiciels et des modèles de prévision, des ouvrages de vulgarisation, de sensibilisation et de recommandations techniques, des messages à l’usage des politiciens ainsi qu’une proposition de directive cadre européenne pour les incendies.