« Économie des médias et connaissance des acteurs » : trois crédits pour comprendre le paysage médiatique

Écrit par admin. Publié dans Actualité

Ringier a annoncé vendredi 11 avril avoir racheté les parts de Tamedia dans le quotidien Le Temps [Ringier]

Ringier a annoncé vendredi 11 avril avoir racheté les parts de Tamedia dans le quotidien Le Temps [Ringier]

 Assuré conjointement par les professeurs Patrick-Yves Badillo et Philippe Amez-Droz, le cours Économie des médias et connaissance des acteurs est un carrefour indispensable dans le master en journalisme et communication de l’Université de Genève. Pour les futurs communicants et journalistes, il est en effet vital de connaître le milieu dans lequel ils évolueront après leurs études. Le cours explique les mutations des grands groupes de communication et des groupes médiatiques, comme mentionné dans son descriptif, lequel récite également : « Les processus de régulation/dérégulation et de concentration des médias seront traités à travers des lectures de référence et des faits d’actualité ». Un programme collé à l’actu donc, comme nous en avons eu la preuve la semaine dernière.

Vendredi 11 avril, le groupe alémanique Ringier a annoncé le rachat de la totalité des parts de Tamedia dans le quotidien romand Le Temps. Cette information revêt une importance capitale dans la compréhension du paysage médiatique de Suisse romande. Le Temps, quotidien francophone de référence dans notre pays, faisait l’objet d’une mise en vente depuis octobre dernier. Avec toutes les incertitudes que la situation comportait pour l’avenir du journal. Qui allait le racheter ? Un troisième acteur allait-il pouvoir s’interposer entre les deux grands groupes de presse ?

C’est désormais officiel, la proposition d’un groupe d’investisseurs soutenu par le Cercle des amis du Temps – qui atteignait les huit millions de francs – n’a pas été jugée suffisante par les deux géants médiatiques. Le Cercle a pris acte du rachat des parts de Tamedia par Ringier, tout en déplorant dans un communiqué que son offre n’ait pas été prise en compte. Cette dernière aurait pu assurer « à la fois l’indépendance du titre qui lui est cher, le maintien de sa qualité éditoriale, une capacité d’innovation renouvelée ainsi que le développement du Temps, notamment dans le domaine digital. »

De son côté, le nouvel actionnaire principal devra répondre aux questions – et aux doutes – liées à une éventuelle restructuration du personnel, de chamboulements potentiels dans la ligne éditoriale et aux synergies rédactionnelles et commerciales évoquées avec les magazines déjà détenus par Ringier (Edelweiss, L’illustré ou encore L’Hebdo).

Sans de bonnes connaissances de ce « biotope » médiatique, impossible pour les étudiants en journalisme et communication de prendre la mesure de l’importance de cet événement, pour la Suisse en général et pour la Romandie en particulier. Ces clés de compréhension leur sont justement offertes dans le cours Économie des médias et connaissance des acteurs qui passe en revue les origines et le développement de la société numérique, rend compte des principaux concepts et théories de l’économie des médias et analyse les mutations actuelles du paysage médiatique, notamment en termes de concentration et de régulation.

Un enseignement dynamique donc, qui rebondit sur des évènements majeurs pour le monde des médias comme l’a été l’annonce du rachat complet du Temps par Ringier. Un vrai « plus » dans le cursus de Medi@Lab… pour la modique somme de trois crédits !

 

Vidéo: reportage du journal 12h45 de la RTS, vendredi 11 avril.